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Norouz
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Jeu Mai 25, 2006 5:27 pm    Sujet du message: Norouz

Norouz


Norouz (Norooz, Noruz ou Nowrouz) jashne norouz est la fête traditionnelle Iranienne (premier jour du printemps) du nouvel an. La fête est célébrée le 21 mars.
Le mot vient de l'Avestique nava=nouveau + rezani=jour/lumière du jour signifiant "nouveau jour/lumière" et qui a toujours le même sens en Persan ((no=nouveau + rouz=jour signifiant "nouveau jour")
Norouz est célébré depuis au moins 3000 ans et est profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du Zoroastrisme.
Alors que le calendrier Persan est très précis concernant le moment astronomique auquel la nouvelle année commence, la période de 24 heures pendant laquelle l'année astronomique commence est considérée comme Norouz.

Histoire de Norouz
Le terme Norouz est apparu pour la première fois dans les document de l'Empire Perse au second siècle avant notre ère, mais il y a des raisons de croire que la célébration est beaucoup plus vieille et qu'elle était déjà probablement un jour important pendant la dynastie Achéménide (vers 648 av. J-C - 330 av. J-C). Il a été suggéré que dans le célèbre complexe palatial de Persépolis, ou qu'au moins le palais de l'Apadana et "Palais aux cent colonnes" avaient été construits afin d'être utilisés spécialement pendant les célébrations de Norouz. Cependant, aucune mention du terme Norouz n'existe dans les inscriptions Achéménides.
Les plus anciennes mentions de Norouz remontent à l'époque Parthe/Arsacide (247 av. J-C - 224 av. J-C). Il y a des référence spécifiques à la célébration de Norouz pendant le règne de Vologès Ier (51 - 78 av. J-C), mais les détails ne sont pas cités.
Des détails substantiels sur la célébration de Norouz apparaissent après l'accession au trône d'Ardachîr Ier, fondateur de la dynastie Sassanide (224 - 650 de notre ère). Sous les rois Sassanides, Norouz était célébré comme le jour le plus important de l'année. La plupart des traditions royales de Norouz comme les audiences royales en public, les cadeaux et le pardon des prisonniers ont été établies pendant l'époque Sassanide et sont restés telles quelles jusqu'à l'époque moderne.
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Norouz, de même que Sadeh (qui est célébré au milieu de l'hiver), a survécu dans la société après l'introduction de l'Islam en 650 apr. J-C D'autres célébrations comme Gahanbar et Mehragan ont été mises de côté ou ont seulement continué à être suivies par les Zoroastriens, qui les ont emmenées jusqu'en Inde. Norouz, cependant, était une fête très célébrée, même par ceux qui ont adopté l'Islam très tôt. Il reste des indications que les quatre grands caliphes ont présidé aux célébrations de Norouz, et que le jour était férié pendant la période Abbasside.
Après la chute du califat et la ré-émergence de dynasties perses comme les Samanides et les Bouyides, Norouz a été élevé à un niveau encore plus important. Les Bouyides ont fait revivre les anciennes traditions de l'époque Sassanide et ont restauré d'autres célébrations de moindre importance qui avaient été éliminé par le Califat. Même les envahisseurs Ottomans et Mongols n'ont pas tenté d'abolir Norouz au profit d'une autre célébration. Norouz est donc resté la principale fête des persans à la fois au niveau officiel et populaire. La dernière illustration remarquable de la stabilité de cette fête (d'origine païenne toutefois) est à la suite de l'avénement de la République Islamique. Le nouveau régime d'obédience religieuse voyait d'un mauvaise oeil une celebration si grandiose et si populaire pour une fête non religieuse. Aucun effort n'est fait pour celebrer officiellement ce jour et un parallèle systématique est fait avec les martyres de la révolution et de la guerre. Après deux décenies, la volonté populaire a donné raison à l'Histoire. Norouz est de nouveau célebré en Iran encore plus faste que par le passé et de grands Haftsin ont fait leur apparition ces dernières années à l'initiative de la mairie de Téhéran dans les grandes places de la ville !

Norouz dans l'Iran moderne
En Iran, les préparations de Norouz commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver dans le calendrier persan. Les Iraniens commencent à se préparer en faisant un grand "nettoyage de printemps" dans leurs maisons, s'achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs (la Jacinthe et la Tulipe sont particulièrement populaires).
En association avec la renaissance de la nature, le nettoyage de printemps est la tradition nationale suivie par la plupart des ménages en Iran. Cela est aussi étendu aux effets personnels, et traditionnellement, tout le monde s'achète au moins une garde robe neuve. Le jour du nouvel an, les familles s'habillent avec leurs vêtements neufs et commencent alors les réjouissances de cette période, en allant rendre visite aux anciens , puis au reste de la famille et enfin aux amis. Le 13ème jour, les familles quittent leur maison et vont pique-niquer à l'extérieur.
Pendant les vacances de Norouz, on attend de tous qu'ils se rendent visite (principalement limitées à la famille, aux amis et aux voisins) sous forme de courtes visites à la maison, qui sont généralement suivie de réciprocité. Typiquement, le premier jour de l'année, les membres de la famille se retrouvent à table, sur laquelle sont posés les Haft Sîn (ou disposés à proximité) et attendent le moment exact de la nouvelle année. A ce moment là, des cadeaux sont échangés. Plus tard dans la journée, les jeunes rendent visite aux plus âgés. Les visites doivent être assez courtes pour permettre de voir tous les gens à qui l'on a prévu de rendre visite. Ces visites durent généralement une demi-heure, pendant laquelle on rencontre généralement de la famille et des amis qui sont eux aussi en train de faire la tournée de la famille. A cause de ces visites, il faut s'assurer d'avoir assez de pâtisseries, gâteaux, fruits frais et secs sous la main, puisque ces derniers sont généralement distribués aux visiteurs en même temps qu'un thé ou un sirop. Beaucoup d'iraniens organisent ce jour de grandes fêtes rassemblant tout le monde pour pouvoir réunir les convives qui viennent de loin.

Chahar Shanbe Sûri
Le dernier mercredi de l'année est célébré par les iraniens sous le nom de Chahar Shanbe Sûri, moment où tout le monde sort dans la rue, fait des feux et saute par dessus en criant Zardie man az to, Sorkhie to az man (littéralement: Je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge -celle du feu-, mais figurativement: je te donne ma pâleur - ou ma maladie-, je prends ta force - ta santé-).
Offrir des pâtisseries connues sous le nom de Ajile Moshkel Gosha est la façon de remercier pour la santé et le bonheur de l'année passée, tout en échangeant toute pâleur et tout mal restant pour la chaleur et les vibrations du feu.
D'après la tradition, les esprits des ancêtres rendent visite aux vivants les derniers jours de l'année, et beaucoup d'enfants s'entourent de draps, rejouant ainsi symboliquement les visites des morts. Il court aussi dans les rues en tapant sur des boîtes et des casseroles et frappent aux portes pour jouer des tours au gens. Ce rituel est appelé qashogh-zany (battage de cuillers) et symbolise le fait de chasser le dernier mercredi de malchance de l'année.
Il y a plusieurs autres traditions cette nuit là, dont les rituels de Kûzeh Shekastan, pendant lequel on casse des jarres en terre qui contiennent symboliquement la mauvaise fortune de quelqu'un, Fal-Gûsh ou l'art de la divination en écoutant les conversations des passants et le rituel de Gereh-gosha-î, faire un noeud dans un mouchoir ou un tissu et demander au premier passant de le défaire afin d'éloigner la malchance de quelqu'un.

Les Haft Sîn de Norouz
La tradition principale de Norouz est la mise en place des Haft Sîn -les sept 'S', sept objets dont le nom commence par la lettre S ou "sîn" de l'alphabet Persan, qui sont sept objets spécifiques disposés sur une table correspondant aux sept créations et aux sept immortels les protégeant. Aujourd'hui, ils ont été un peu modifiés mais le symbolisme demeure. Chaque famille essaie de garder leur table des Haft Sîn la plus jolie possible, puisque le sens spirituel est aussi important que la façon dont ils sont disposés puisque les visiteurs voient cette disposition comme une réflexion de leur goûts.
La liste suivante est un exemple des objets servant à faire les Haft Sîn, bien qu'il n'y ait pas de consensus permettant de dire lesquels sont les sept concernés:
sabzeh - germes de blé, orge ou lentille poussant dans un plat (symbolisant la renaissance)
samanu - un gâteau très sucré fait de germe de blé (symbolisant l'abondance)
senjed - le fruit séché du jujubier (symbolisant l'amour)
sîr - ail (médecine)
sîb - pommes (beauté et bonne santé)
somaq - baies de sumac (la couleur du lever du soleil)
serkeh - vinaigre (l'âge et la patience)
sonbol - l'odorante fleur de Jacinthe (l'arrivée du printemps)
sekkeh - pièces (prospérité et santé)
Les autres objets sur la table peuvent inclure les suivants:
pâtisseries
bougies allumées (bonheur)
un miroir
des œufs peints, peut-être un pour chaque membre de la famille (fertilité)
un bol avec deux (ou plus) poissons rouges (vie)
un bol d'eau contenant une orange (la terre flottant dans l'espace)
eau de rose pour ses pouvoir magiques nettoyants
les couleurs nationales, pour la touche de patriotisme
un livre de poésie (presque toujours le Shâh Nâmâ ou le divan d'Hafez)
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Haji Firûz de Norouz
Le traditionnel porteur des couleurs de Norouz est un personnage appelé Haji Pirûz, ou Hadji Firuz. Il symbolise la renaissance du dieu du sacrifice sumérien, Domuzi (Dumuzi, qui a donné son nom au mois hébreu de Tammuz), qui était tué à la fin de chaque année et renaissait pour le début de l'année nouvelle. Portant du maquillage noir et un costume rouge, Haji Pirûz chante et danse dans les rues avec tambourin et trompettes en distribuant ses bons voeux pour l'arrivée de la nouvelle année.

Repas traditionnel de Norouz
Sabzi Polo Mahi: Le repas traditionnel de la nouvelle année est appelé Sabzi Polo Mahi, qui est du riz cuit avec des fines herbes et servi avec du poisson. Les fines herbes traditionnelles sont le persil, la coriandre, de l'aneth, de la ciboulette et du fenugrec. Reshteh Polo: Du riz cuit avec des sortes de nouilles dont on dit qu'il aide symboliquement à réussir dans la vie.

Sizdah Bedar
Le treizième jour des fêtes du nouvel An est Sizdah Bedar (signifiant littéralement "treizième dehors"), qui est un jour festif célébré à l'air libre, souvent accompagné de musique et de danse. Cette journée est passée à pique-niquer en famille.
Les célébrations du treizième jour, Sîzdah Bedar, viennent de la croyance des anciens Perses que les 12 constellations du Zodiaque contrôlaient les mois de l'année, et que chacun régnait sur la terre pour un millier d'année. A la fin de ce cycle, le ciel et la terre sombraient dans le chaos. En conséquence, Norouz, dure 12 jours et le treizième représente le chaos, moment pendant lequel les familles mettent l'ordre de côté et évitent la malchance associée au nombre treize en allant dehors et en profitant d'un pique-nique et d'une fête.
A la fin des célébrations de cette journée, les sabzeh cultivées pour le Haft Sîn (qui a symboliquement recueilli toute la maladie et la malchance) est jetée dans de l'eau courante pour exorciser les démons (divs) de la maisonnée. Il est aussi de coutume pour les jeunes femmes célibataires d'attacher les tiges des sabzeh avant de les jeter, exprimant ainsi le souhait d'être mariées avant le Sîzdah Bedar de l'année suivante.


 
 
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